Bmax, pépite de l’année 2015

Par PAR FRÉDÉRIC PARISOT - Publié le 03 novembre 2015, à 12h24 | L'Usine Nouvelle n° 3443

Bmax, pépite de l’année 2015

11:25 03 November in Uncategorized
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À la tête de Bmax, l’israélien Rani Plaut s’apprête à révolutionner le travail des métaux avec la technologie des hautes puissances pulsées.

Rani Plaut, dirigeant Crédits : Pascal Guittet

“Jeune entreprise innovante recherche spécialiste des défis technologiques pour révolutionner le travail des métaux”. Si Bmax avait dû passer une petite annonce, elle aurait pu commencer ainsi. Mais les experts en hautes puissances pulsées, la technologie sur laquelle est positionnée la start-up toulousaine, se comptent sur les doigts d’une main. La candidature de Rani Plaut s’est imposée d’elle-même. Ce quadragénaire israélien a dirigé une entreprise spécialisée sur cette même technologie. Elle consiste à libérer des décharges électromagnétiques sur un temps très bref afin d’accéder à une puissance quasi-infinie, capable de déformer n’importe quel métal ou de souder à froid.

Bachelier à 15 ans, Rani Plaut a étudié la physique et les mathématiques en Israël, avant de construire sa carrière autour d’une idée fixe : proposer des technologies de rupture à des secteurs qui ont besoin de se transformer. “Après une première expérience dans les pièces plastiques techniques en 2000, j’ai dirigé la R & D et les ventes chez un éditeur de logiciels à l’origine de la technologie d’estimation de mouvement, qui a permis aux premiers téléphones multimédia d’échanger de la vidéo”, raconte-t-il. Puis l’entrepreneur enchaîne les défis : les premiers logiciels pour téléviseurs IP, les balises de détresse GPS pour alpinistes, le suivi de marchandises par puce RFID… Il joue chaque fois un rôle de premier plan dans l’adoption de ces technologies. Après de nombreuses années dans l’électronique, il revient à ses disciplines de prédilection, les mathématiques et la physique. En 2005, aux commandes de la société israélienne Pulsar, il tente d’imposer les hautes puissances pulsées pour des applications de soudage. Mais essuie un échec.

“Nous avions des problèmes de fiabilité de composants. Les techniques de simulation n’étaient pas au point et le marché n’était pas mature”, reconnaît-il. Il faut attendre 2011 pour que ces trois conditions se trouvent réunies. Les outils de simulation ont progressé. Une équipe de physiciens menée par Gilles Avrillaud, le directeur technique de Bmax, a développé des machines robustes. Quant au marché, il est enfin prêt, selon Rani Plaut : “Les constructeurs automobiles et aéronautiques, contraints par la réduction de poids, sont plus ouverts aux technologies de rupture. Celle de Bmax, qui permet, entre autres, des soudures aluminium sur acier, répond à leur besoin d’allégement”.

À la tête de l’entreprise depuis mai 2011, Rani Plaut est convaincu que la technologie des hautes puissances pulsées, connue depuis les années 1960 mais que personne jusqu’ici n’a réussi à industrialiser, va cette fois s’imposer. La révolution est déjà en marche, puisque Bmax vient de livrer sa première machine de production en grande série pour un industriel de la cosmétique. Et des machines sont testées chez la plupart des constructeurs automobiles.

Frédéric Parisot

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